La maison Couteaud-Penichon
Chez Pierrot
Article mis en ligne le 25 octobre 2021
dernière modification le 3 décembre 2021

par Georges Rayet

Sur la place du monument

Cette carte postale nous montre la rue du centre à une date que l’on peut situer entre 1906 et 1910 : il y a des poteaux électriques et le cachet de la poste indique 1910. Pour une fois la mise en scène est réduite et les habitants ne prennent pas la pause : le facteur Emile Verdier continue sa distribution et le boucher Léon Luzier vaque à ses occupations. Sur la gauche, on peut distinguer deux charrues, une brouette et un gros tas de bois en vrac qui ne semble pas de bonne qualité.... Mais intéressons-nous à la grande maison en partie cachée par le dit tas de bois.

C’est une maison à l’architecture typique de ce que l’on nomme " maison de retour migrants ", comme il en existe dans de nombreuses communes creusoises, avec les trois niveaux, les encadrements et surtout sans doute le bandeau en pierre de taille qui souligne les ouvertures du premier étage. Par contre, les dimensions de l’ensemble, les deux portes d’entrée nous indiquent qu’il y avait là deux familles de migrants. On peut estimer la date de la construction au dernier quart du XIX ème, la toiture ayant été refaite en 1910 comme on peut le voir sur la carte postale suivante éditée par Pierre Mothe vers 1912 :

Au recensement de 1911, la maison était occupée par deux familles : d’une part Guillaume Battu, cultivateur, Marie Sauzet son épouse et leurs trois enfants, d’autre part Auguste Penichon, représentant de commerce, Marie Martin son épouse et leur fille Marguerite.
Puis les enfants Battu se dispersèrent et Guillaume resta seul pendant que les époux Penichon devenaient épiciers. Pendant quelques années , leur fille Marguerite qui avait épousé Amédée Couteaud en 1924 s’installa dans la ferme des Boueix et c’est là que naquit Pierre en 1927.
Pendant ce temps, on avait construit le monument et le petit arbre était devenu grand. Si bien qu’il nous cache le 1910 sur la toiture, mais on peut voir un bout du bol de Gargantua et la belle pancarte "épicerie Penichon ". C’est en 1946 qu’Amédée demanda l’arrachage du marronier et le déplacement de " l’écuelle ", sans doute pour permettre un meilleur accès au magasin !

Dans les années 50 la concurrence était rude mais l’épicerie Penichon tenue par Irène Couteaud, avait une clientèle fidèle, tandis que son époux Pierre dit Pierrot se partageait entre les tournées , le métier de coiffeur, et l’élevage des moutons. Sapeur pompier volontaire, c’est lui qui prit la succession de Roger Rayet en tant que chef de corps en 1971. Il y eut des évènements malheureux , la disparition d’Amédée , un incendie dans le magasin, mais chez Pierrot, on venait se faire couper les cheveux jusqu’à très tard le soir, dans un petit salon qui faisait aussi buvette !

Complément d’information avec cette très vieille photo qui nous montre le bol devant la maison Couteaud, mais aussi cette magnifique pierre sculptée qui elle n’a pas bougé.

S’agit-il d’une margelle de puits ? d’une urne funéraire gallo-romaine ? Je n’ai jamais rencontré une quelconque étude sur cette pierre. Il faut voir en plus les trous encoches sur le pourtour. En attendant mieux, avec quelques plants fleuris à la belle saison, elle participe à l’embellissement de la place du monument.