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Le lion de pierre

vendredi 5 octobre 2012

Monument emblématique de notre bourg, souvent photographié et cité dans les journaux, cette sculpture en granit mériterait une petite plaquette informative. Encore faudrait-il pour renseigner les passants, disposer de données fiables....
Parmi mes sources d’information je dois citer en premier Roger Malterre, ancien juge de paix , qui ayant longuement étudié les articles parus dans les« Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse », publia dans les années 70 un petit mémoire sur l’histoire de Peyrat.

Taillé assez grossièrement dans un bloc de granit, le lion de pierre est une espèce assez répandue sur le territoire creusois, avec trois exemplaires très semblables près de l’église de Toul-Sainte-Croix, et d’autres à Bord-Saint-Georges, Vallières, Lupersat, Saint-Georges-La-Pouge, La Chapelle-Saint-Martial….
Le lion de Peyrat n’a pas une belle crinière et sa tête semble avoir pris quelques coups de marteau, mais aussi fier et droit sur ses pattes, il n’y en a qu’un, et c’est le nôtre. Pour une raison bien simple d’ailleurs, c’est que les pattes arrières sont en ciment, rajoutées lors du dernier transfert vers 1950 par le maçon Jean Thévenot.

En effet, ce lion était à l’origine placé près du porche à l’entrée de l’église, cité par l’abbé Lecler dans son dictionnaire topographique de la Creuse, mais on le délogea à la fin du XIX ème siècle ou au début du XX ème sans doute pour laisser place à la grande croix de pierre sur son socle. Pendant quelques décennies il resta appuyé le long du pignon de la boulangerie Debellut-Gasnier tel qu’il apparaît sur quelques cartes postales anciennes,
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jusqu’au jour où l’on décida de le mettre en valeur, sur la grand place, n’en déplaise à la vérité historique !

A propos de ses origines justement, certains auteurs pensent que les lions de pierre du Limousin sont des « monuments de la conquête anglaise » lors de la guerre de cent ans. Ainsi George Sand dans son premier roman Jeanne cite les lions de Toul-Sainte-Croix «  renversés par des paysans au temps de la Pucelle ».

Mais, pour la plupart des historiens et archéologues, il semble maintenant établi que leur création soit beaucoup plus ancienne et l’on parle d’époque gallo-romaine, ce qui laisse quand même une incertitude de quelques siècles entre la conquête de la Gaule et la fin de l’empire romain .
Et pour préciser les origines, ils attribuent à ces lions « un caractère de symbolisme funéraire mais aussi prophylactique », ce qui signifie plus simplement qu’ils étaient là pour veiller les morts tout en éloignant les maladies.

On peut ajouter quelques informations qui viennent corroborer ces affirmations :

  • Le bourg de Peyrat était traversé par une voie romaine.
  • On a trouvé entre Arcy et La Voreille plusieurs urnes funéraires d’époque gallo-romaine.
  • Le lion se trouvait près de l’église, là où on enterrait les morts...(D’ailleurs, par un juste retour des choses, il se trouve actuellement à l’entrée de ce qui était le grand cimetière de Peyrat jusqu’en 1855 !)

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